Poèmenfantaisie

Le coq (1)

André Bonafos
Sur ses ergots,
il fait le beau !
Sa promenade,
c’est une parade !
Un vrai cabot !
Cocorico !

Au soleil brille
sa queue en faucille.
Sa crête écarlate,
d’orgueil éclate
et son œil vrille
le poulet qui babille.

Seigneur, il surveille
les poules qui s’égaillent !
Toujours à l’affût,
gare aux intrus :
il est tout bec et tout ergots,
cocorico !

André Bonafos

(1) espèce en voie de disparition

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Portrait

Lors des fêtes de la Saint-Symphorien
j’ai rencontré une Nana… comme ça !
Voici, trait pour trait
son portrait.

Portrait

Elle avait tous ces je-ne-sais-quoi
qui me laissèrent coi !
Elle avait toutes ces particularités
qui en faisaient une beauté !

Elle avait la tête dans les nuages
et l’estomac dans les talons,
le regard dans la lune
et un chat dans la gorge.
Elle avait le verbe haut
et un coeur d’artichaut,
le pied marin
et une jambe en bois.
Elle avait le bras long
et les idées courtes,
des cheveux en bataille
et une culotte de cheval.

Non, elle n’était pas maigre comme un clou :
plus de graisse que de mâle !
Non, elle n’était pas une peau de vache :
elle vait le coeur sur la main !

Faut ajouter qu’elle prenait aussi,
parfois, les jambes à son cou,
qu’elle avait la langue bien pendue
et les doigts de pied en éventail.
Elle avait encore les dents longues,
les chevilles qui enflaient,
les pieds plats
et deux doigts dans le nez.
Elle avait, en plus, une vessie
qu’elle prenait pour une lanterne,
la bouche en cul de poule
et les yeux, pas en face des trous !

C’est pourquoi,
comme Picasso, moi,
charmé par tous ces je-ne-sais-quoi
j’ai dessiné ce portrait, de guingois !

André Bonafos (20/08/07)

L’ara qui rit

Je suis un ara qui rit
– il n’y a pas que la vache qui rit ! –
et j’aime tellement la vie
que jamais je ne me ferai hara-kiri !

Ma longue queue en balancier
et mes serres bien accrochées
me permettent un port altier !
Je suis un ara élégant et racé !

Je suis beau dans un habit
aux couleurs vives, qui ravit
les grands comme les petits :
tous me parlent et me sourient.

Parfois, en bon perroquet,
je leur réponds avec toupet !
Mais ils n’ont un air interloqué
que lorsque je ris, pour me moquer !

Car je suis un ara qui rit,
un ara qui aime la vie,
qui vous salue et qui vous dit :
 » Bonjour les grands et les petits ! »

André Bonafos
Les animaux en Liberté, p. 6

De la part d’un "estranger"

Eyragues, superbe village
Tu as traversé les âges,
Avec ton soleil radieux
Qui illumine les cieux,
Le chant de tes cigales
Pour nos oreilles est un régal.
Continue de nous enchanter
Et dès que revient l’été,
Vers toi notre vie courre courre
Dans le plus beau des amours.

L’estranger.

Poème tomate

Prolonger la peau
Puiser dans le sable
Les grains
Puiser dans le grain
La fable
Quand le toboggan
Appelle la tomate
A revenir nue.

Merci à Luc Mignot.